Bienvenue sur l'Envol des Oiseaux, un site dédié à la photo nature sauvage par Thierry - Tancrez- Pauwels . Les photos ne sont pas libre de droits merci de me contacter pour toute utilisation
9 Janvier 2013
La matinée passe, je suis enfin arrivé au coeur du marais. Devant moi s'offre un paysage caractéristique avec une roselière à perte de vue.
Déjà sous ce soleil de décembre, la Bouscarle de Cetti s'active. J'entends de temps en temps son cri, mais il est discret contrairement à son habitude où elle fanfaronne.
Son "tsiiiiii tsiiiiiiiiiiiiiiii" me réveille de ma profonde rêverie. Oui, ce sont bien des cris de Remiz penduline ! Cette cousine des mésanges arrive face à moi. Je suis dans un affût, bien installé. Le 400 est prêt pour une fois.
Une, deux, puis trois Remiz commencent leur inspection, celle des roseaux. Elles farfouillent, retournent des écorces, semblent grappiller sur l'épi, montent et descendent et disparaissent. Et à nouveau je peux les admirer.
Cet oiseau minuscule, plus petit qu'une mésange bleue, me fera une séance mémorable. Voici le reportage.
Toujours en activité, elles recherchent finalement les micro invertébrés et autres larves ainsi que des graines de toutes sortes.
La Mésange remiz fabrique des nids remarquables, suspendus aux rameaux des saules et des tamaris par exemple. L'entrée de la boule fermée s'ouvre à l'extrémité d'un tube descendant sur le côté du nid . Chez les Remiz , le mâle commence à construire seul. Après avoir travaillé pendant deux à quatre semaines, la femelle participe à son tour à l'ouvrage.
Le premier termine le nid pendant que sa compagne couve déjà dans le berceau inachevé ! En Bulgarie, les nids de Remiz servent souvent de pantoufles aux enfants !
La Remiz penduline recherche des milieux de roselière arbustif et assez sec et chaud de manière générale.
Mais la roselière lui fournit le plus souvent le gîte et le couvert.
En pleine action. On le voit bien sur la photo, elle retourne une lamelle de l'écorce du roseaux pour y trouver sans doute une bonne petite larve !
Avec son petit masque noire, ces couleurs chamois, sont petit bec conique, elle est gracieuse et toute en finesse. Voilà comment j'ai pu l'apercevoir pour la première fois.
L 10 - 11,5 cm ça n'est pas bien grand ! On les rencontre souvent avec les mésanges charbonnières et les mésanges bleues dans les roseaux ou les arbres. Elles ne s'associent pas avec elles pour autant, pas plus qu'avec d'autres espèces. Même entre congénères, les Remiz ne forment que de petites bandes.
Mon reflex crépite. J'essaye de saisir les mouvements, les instants mais ce n'est pas facile. Elles s'enfoncent régulièrement dans la barrière de roseaux qui se trouve devant elles. Néanmoins, je parviens à les suivre lors de leur déplacement.
La distribution de la Remiz révèle sa prédilection pour les dépressions humides à végétation luxuriante, mais à climat estival chaud et sec, on la voit s'installer le long des fleuves, et ses principaux domaines sont les deltas, au voisinage des cours d'eau et des bras morts des étangs dans les marais.
La Remiz chasse volontiers dans les petits massifs de roseaux proches de la végétation arborescente et on l'observe moins dans les vastes phragmitaies uniformes, il est vrai qu'elle y disparaît facilement.
Les oiseaux d'Europe sont de véritables migrateurs dont les mouvements débordent maintenant l'ouest du massif alpin.
Le petit groupe disparaîtra très rapidement : le passage d'un Épervier éloignera définitivement ces merveilleux oiseaux.
Le hasard des rencontres reste toujours une magie pour le photographe animalier.
En espérant un jour revoir les petites fées du Marais...
Thierry