Bienvenue sur l'Envol des Oiseaux, un site dédié à la photo nature sauvage par Thierry - Tancrez- Pauwels . Les photos ne sont pas libre de droits merci de me contacter pour toute utilisation
25 Février 2013
L'hiver reste une saison difficile pour les oiseaux. Certains quittent l'Europe pour hiverner en Afrique, d'autres non pas la possibilité de migrer et restent sur place tandis que d'autres nous arrivent des pays scandinaves, ou même de la Sibérie.
L'hiver, les oiseaux n'ont pas d'alternative. Ils doivent absolument trouver de la nourriture. Ils peuvent pour la plupart résister à des températures basses, mais si par exemple la neige recouvre les zones de nourrissage, c'est la fuite en avant et la panique qui enclenche des mouvements migratoires parfois dans tous les sens.
Dans ce reportage, je vous propose de découvrir à travers quelques espèces hivernantes (ou sédentaires chez nous) la stratégie de survie mise en place par ces oiseaux pour passer cette mauvaise saison.
Je commence par un passereau qui arrive de Scandinavie et des pays de l'Est de manière générale et qui vient donner de la couleur à cette morte saison.
Le pinson du Nord choisit l'Europe de l'Ouest pour passer l'hiver. Il est grégaire, c'est à dire que l'on l'observe toujours en bande (qui peut atteindre plusieurs centaine d'oiseaux). Les Pinsons du Nord, grands amateurs de graines, vont se retrouver dans des hêtraies notamment à la recherche de faîne, mais aussi de graines de charmes etc.
On observe sur cette photo que l'oiseau gonfle son plumage pour mieux resister au froid. Tout est finesse chez lui. Ses couleurs chatoyantes contrastent avec la lumière hivernale.
On distingue bien également son bec de granivore puissant, qui lui permet de décortiquer toute sorte de graine.
Ici, une femelle un moins marqué notamment au niveau du poitrail.
Sur cette photo le Pinson du Nord , picore dans la neige pour boire , preuve d'une capacité d'adaptation étonnante
Les Pinsons du Nord se mêlent très souvent à d'autres fringilles comme son cousin le Pinson des Arbres ou le Verdier. Assez agressif, il dominera les autres espèces dans les zones où se trouve la nourriture.
En tout les cas, le froid ne l'indispose absolument pas. Ce jour, un givre glacial recouvrait la végétation; mais peu importe pour le Pinson du Nord. Une nourriture que j'avais mis à disposition le rendait gai comme un Pinson !
Le Hibou des Marais déclenche son départ des pays nordiques quand les campagnols se font rare, il s'installera pour l'hiver dans des zones qu'il va vite repérer, là où les petites rongeurs sont abondants.
Sa capacité de vol lui permet ainsi de vagabonder durant tout l'hiver sur des point de nourrissage les plus favorables.
Certains oiseaux peuvent atteindre des graines qui sont impossibles à atteindre pour d'autres. C'est le cas du Chardonneret. Elégant avec la cardère, son bec si fin et pointu lui permet de retirer ses graines allongés.
Et donc sur les zones de Cardère, le chardonneret élégant est assuré de trouver de quoi survivre à l'hiver.
L'Epervier d'Europe se nourrit essentiellement de passereaux. Il chasse toujours en embuscade, caché, il se sert de la végétation pour surprendre ses proies.
Forcément, l'hiver n'est pas une période favorable pour ce rapace qui trouve moins d'oiseaux à capturer. Il peut alors après une attaque vaine se poser sur la zone où il à échoué afin d'observer, d'analyser et de mémoriser son échec, ce qui est le cas sur cette photo.
Ce goéland à ailes blanches passera une partie de l'hiver dans le port de Dunkerque. Solution de facilité ? On peut penser que oui, il y trouvera une nourriture en abondance. Laridés du cercle arctique, il est capable de survivre dans les mers glaciales. Mais comme beaucoup d'oiseaux, l'instinct de survie le poussera à se rapporcher des hommes.
D'autres oiseaux sont capables de trouver de quoi survivre dans l'infiniment petit. Nous dirons que ce sont des minimalistes, mais qui trouvent.
En voici une série. Je commence par le Grimpereau des Jardins qui cherchera avec son bec hypersensible des micro invertébrés sous les écorces dans de minuscule trous, où il trouvera des larves de toutes sortes.
Une pitance que nous les hommes sommes bien incapables de voir.
Même tactique pour le Pic Epeiche et le Pic Vert qui vont retourner de leur bec puissant les écorces ou encore mieux vont atteindre l'aubier de vieux arbres, là ou se cache de succulentes larves de longicorne.
D'autres comme la Sittelle torchepot récupèrent des graines et les stockent sur des secteurs qu'elles vont mémoriser afin de les retrouver (enfin pas toujours) quand l'hiver sera bien là. C'est ainsi que l'on peut retrouver parfois des noisettes encastrées dans des écorces, la sittelle est passée par là.
Elle se sert également des écorces des arbres comme enclume afin d'extraire la graine.
En hiver, les oiseaux qui peuvent être mis en danger rapidement sont ceux au régime alimentaire spécialisé. Le Martin pêcheur en est l'exemple typique.
Quand la glace recouvre tout et que les zones d'eau libre disparaissent, le Martin est en danger. Il fuit parfois vers la mer quand il le peut, sinon c'est l'hécatombe en quelques jours.
J'ai observé dernièrement sur une zone d'eau restée libre 15 Martin pêcheur !
Même principe pour le Harle Bièvre, canard piscivore qui n'a pas le choix. Il lui faut trouver des zones d'eau libres.
Son long bec allongé lui permet en plongée de capturer facilement les poissons. On devine sur photo la glace qui ronge les zones de nourrissage .
Mais encore une fois ce n'est pas le froid qui gêne le Harle Bièvre, mais bien le fait qu'il ne puisse plus avoir accès à ses zones de chasses.
Le Héron Cendré aura plus de facilité car il est capable de varier son régime alimentaire essentiellement piscivore à la belle saison. Il est capable de capturer des rats ou des taupes sur des milieux ouverts en plein hiver !
Là est la clé pour la survie de certaines espèces.
Cet oiseau que tout le monde connaît et que l'on retrouve chaque hiver dans nos jardins est insectivore en été et granivore par défaut en hiver. Ainsi, le Rougegorge familier aura ses chances.
Le Roitelet huppé, le plus petit oiseau européen (4 à 6 grammes maximum) examinera avec succès les sapinières où il trouvera les micro insectes.
Le Faucon émerillon entreprendra une migration partielle et quittera sa toundra natale pour atteindre des zones plus favorables de chasse, notamment le long de nos côtes.
Les Cygne de Bewick quittent la Sibérie car il leur faut des zones d'eau libres où il cherche notamment des graines de plantes aquatiques de toutes sortes.
Toujours la même logique pour la Sarcelle d'hiver, son milieu de prédilection étant des vasières riches en plantes aquatiques.
Ainsi, certains oiseaux comme ce Busard quitteront nos régions à l'approche de l'hiver car la pénurie de nourriture les condamnera à un destin funeste.
L'hiver des oiseaux va bientôt prendre fin, les Hirondelles entreprennent déjà leur grande odyssée.
Vivement !
A bientôt,
Thierry