Les limicoles sont un peuple de grands voyageurs, et quand je les rencontre, ils m'évoquent le passage, le voyage, mais aussi les grands espaces, je vous propose quelques rencontres avec
les longs becs
Limicoles pourquoi ? car ils trouvent la plupart du temps leur nourritures dans la vase ou dans des zones apparentées à dominante humide, que ce soit sur l'estran en bord de mer, sur les vasières
des polders, les limicoles sont très dépendants de ces milieux temporaires qui régressent en Europe à vue d'oeil.
Pourtant il faut bien qu'ils se posent lors de leur grand retour d'Afrique, la plupart de la côte ouest Africaine, où ils ont passés une bonne partie de l'hiver, dans ces lagunes si
riches en micro- invertébrés.
Leur bec est différent en fonction de leur type de recherche de nourriture: court chez la plupart des bécasseaux et long chez les chevaliers notamment.
D'une très grand finesse, nos anciens les appelaient les échassiers de manière générale, ils ont un plumage qui est, quand on le regarde de près, de toute beauté, un ciselage de formes dans les
plumes, un artiste est passé par là!
Je commence par l'Avocette élégante, on ne se refait pas, son bec retroussé lui sert de ramasse "petites bestioles "
Elle peut parcourir ainsi des heures à la recherche de micro aliments, souvent des larves d'insectes en milieu d'eau douce.
Quand aux mandibules, on a l'impression qu'elles sont si fragiles et pourtant elles lui permettent de retrouver ces toutes petites bestioles, avec des "capteurs" hypersensibles situé sur le
bec
Un des limicoles les plus délicats, pas facile pour la photo, le noir et le blanc, les capteurs n'aiment pas beaucoup cela, il faut jouer sur la balance des blancs constamment.

Et voilà l'huitrier-pie, lui, par contre, affectionne la terre ferme, on le voit souvent sur les prairies à la recherche de lombrics bien gras !

Pas facile pour la photo , toujours ce noir et blanc, décidément ils ont mis leur tenue de sortie, et dans la discrétion l'huitrier c'est pas son fort, si un jour vous les entendez crier, vous
aurez compris, même au sein d'une colonie de mouette rieuses il domine ;--))
Parfois on la surprise de découvrir un limicole de l'est, un peu trop à l'ouest sur sa route migratoire pré-nuptiale, voilà le raffinement à l'état extrême, regardez son bec, une aiguille
!!!

On étend ses ailes avant de repartir pour 1000km un peu plus au nord , les limicoles en passage ne se posent parfois que quelques minutes, histoire de se détendre un peu , leurs ailes sont
longues, fines, avec des rémiges primaires développées pour le vol rapide et sur de très longues distances.
Encore un limicole qui adore les milieux terrestres ouverts, si possible un peu chauds, le petit gravelot se retrouve par chez moi sur les argilières en exploitation mais on le retrouve aussi
dans le département du Nord sur les plateaux de nos terrils plats.La photo ci dessous est un de mes premiers contacts avec ce limicole très confiant. Regardez- le bien, il a fait un
long voyage, il est particulièrement maigre, mais bien bien vite, il refera des provisions.
Un peu plus tard, sous un coucher de soleil, en petit boule comme je les aime
.
Comme il picore sur des milieux secs, pas besoin d'un long bec, il extrait en surface :--)))
Revenons sur un long courrier, le chevalier aboyeur, en fait le grand- frère du chevalier stagnatile, mais le bec légèrement retroussé, encore une beauté de la nature.
Il suffit de regarder le dessin des plumes de son manteau et couverture ouaaahhhhh
En pêche il fait mouche à tous les coups , hôte de passage, il part nicher très haut en Scandinavie et Russie.
Et voilà le véritable limicole des champs, le Vanneau huppé, vous allez me dire, c'est un cas à part, oui tout à fait, il niche en plaine, dans les champs cultivés, mais on le retrouve tout de
même souvent prés des vasières, où il peut faire faire la danse des pattes en remuant la vase et faire ressortir toutes sortes de bestioles qu'il dégustera bien vite, le voilà en vol.
Dieu merci le capteur a suivi le mouvement, je force toujours en mettant en position centrale ce qui évite la mise au point sur l'arrière plan, si je ne lâche pas l'oiseau....
Je reviens sur le limicole des Polders, la Barge à queue noire, la voilà sur son poste de chant, pas dégonflée elle crie à qui voudra écouter qu'elle est chez elle, je l'ai approchée à quelques
mètres , elle me regardait arrogamment , ok je ne suis pas Barge.

Dans un milieu plus classique.
Son long bec lui permet à la fois d'atteindre des proies en milieu aquatique, mais aussi sur les prairies humides.
Le long des côtes, ils passent une bonne partie de leur vie car leur périple est long, parfois plusieurs milliers de km à travers le monde. Sur l'estran, ils trouvent une nourriture
abondante, voilà les bécasseaux variables.
Le bécasseau sanderling n'est pas loin, un sacré coureur celui là, on, dirait un véritable jouet mécanique.
Ses pattes sont couleur de corail, lui aussi se poste souvent comme les barges sur des piquets en période nuptiale, un des plus communs pourtant, je ne me lasse pas d'admirer encore une fois son
costume impeccable.
Un brin de toilette et zou, on repart.
Particulièrement farouches les limicoles ne s'approchent pas à découvert ou très peu , les observatoires, voitures, et filets de camouflage m'ont permis de réaliser ces photos.

Je terminerai par le raffinement à l'extrême:
elle niche depuis quelques années dans mon département, sans doute à la recherche de terre et vasière qu'elle trouve de moins en moins sur le sud.,A l'origine nicheur méditerranéen , elle
est venue rendre visite aux nordistes et tant mieux.

Le peuple des limicoles, continuera à me fasciner, imprévisible, vous les rencontrerez peut-être lors de leurs grands voyages.
Amicalement
Thierry