Début janvier, une vague de froid importante envahit la France, directement en provenance de Sibérie, le comportement des oiseaux va changer, la plupart vont se regrouper autour de zones de
nourrissage, mangeoires, autour des maisons, l'occasion d'aider nos amis à plumes, de les découvrir autrement ,de les observer et parfois de les photographier.
Avec mon ami Gabriel Buns, nous avons réalisé plusieurs points de nourrissage où notamment les fringilles, passereaux de petite taille avec un régime alimentaire composé l'hiver essentiellement de
graines.
Je vous propose de découvrir ces différents oiseaux en commençant par le petit campagnard, un oiseau si connu par nos anciens : le Verdier d'europe,
Son chant en roulade, vient égayer nos premiers jours de printemps mais pour le moment nos verdiers viennent régulèrement mais toujours très prudemment chercher quelques graines.
D'autre arrivants venus comme le froid du nord fréquentent la zone de lisière car notre affût est situé dans un milieu ouvert entouré d'arbustes et à proximité d'un bois, on l'appelle aussi le
pinson des ardennes car au passage de leur migration souvent octobre novembre, des tendeurs en attrapaient beaucoup dans cette partie de l'Europe.
Fort heureusement ces temps barbares sont révolus et notre pinson figure parmi les espèces protégées. Trés coloré, il est le cousin du pinson des arbres, il affectionne les grandes forêts de
bouleaux, et chaque hiver débarque au sud de l'Europe.
voici un mâle

Son poitrail orangé est magnifique, ses couleurs si délicates, et finalement si chaudes contrastent avec le froid qui est là -10 au moment où je fais le cliché, ça va le reflex tient le
coup.

Son bec jaune orangé et sa pointe sont caractéristiques également. Ces oiseaux vont rester tant qu'il y aura de la nourriture , j'aurai peut-être le plaisir de vous faire une photo de
l'oiseau en plumage nuptial et là , je peux vous dire qu'il a mis un magnifique costume. Ils repartiront sans doute en Mars pour rejoindre leurs forêts boréales.

Pour comparer, voilà pour les photos qui suivent, le Pinson des arbres, un oiseau populaire également mais à son détriment car il était apprécié lors des concours de chant. Il parait qu'un Pinson
des arbres de Toulouse n'aura pas le même chant qu'un pinson cht'ti. Pour l'instant, je peux vous dire que depuis quelques jours le froid intense incite ces oiseaux à moins de prudence, leur
survie dépend d'une nourriture quotidienne, nous veillons à cela.

Et voilà madame , un peu moins colorée.

Le Pinson des arbres est très grégaire, le froid l'incite à rester en bandes importantes à la recherche de nourriturre, l'approche se fait lentement, il suffit qu'une mésange soit présente pour
inciter un pinson à se poser, puis quelques secondes plus tard, ils arrivent de toutes parts. A la moindre alerte, tout ce beau monde décolle et se refugie dans les arbres alentours. Ce ballet peut
durer un long moment jusqu'à la fin du jour où les oiseaux disparaissent dans un dortoir où ils seront en sécurité.

Le froid s'intensifie, des oiseaux moins habituels se retrouvent sur la clairière. Je commence par le petit clown: ce matin avant d'aller dans l'affût, je casse la glace, car les oiseaux ont
aussi besoin de boire, c'est vital parfois. A peine rentré dans ma cachette, il arrive.
Malgré le froid glacial et la glace, le Chardonneret élégant, trouve de l'eau et c'est pour lui le principal.

Il restera quelques minutes, puis, comme il est venu, disparaitra de la zone. Mais comment a t-il aussi vite repéré ce point d'eau ? La nature possède de nombreux mystéres, les oiseaux sont
toujours un source de connaissance mais aussi d'interrogations dans leur comportement.
En octobre nous avons recolté châtaignes et noix ( tout est bio ) , j'en dispose début novembre sur la clairière, et bien entendu et pendants des semaines, certains en profiteront. Pour
commencer : le Geai des chênes qui a sans doute oublié ses cachettes.
Un autre gourmand apparaît, j'entends son cri si caractéristique, un oiseau multicolore, à contempler, mon reglex tremble un peu ...l'émotion sans doute, en plus je mets de la buée sur le viseur,
le moment est critique , l'oiseau entend le bruit du déclencheur . J'évite la rafale, je me concentre, seul le blizzard vient troubler cette atmosphère frigorifiante.
Le pic descend du tronc, il sautille pour rejoindre un festin : pour lui une belle noix, le spectacle est fini.L'oiseau décolle aussi vite, ce n'est pas trop dans ses habitudes de rester au sol
contrairement au pic vert.
Dans le même état d'esprit, nous recoltons en automne toutes les pommes du verger (enfin pas toutes!) pour disposer un gros tas. Cette friandise pour les Turdidés, porte ses fruits !!!! quand les
premières grives nordiques arrivent, voilà la Grive mauvis directement en provenance des pays de l'Est ou de Scandinavie.
Elle remue le tas de pommes et se régale, les merles eux aussi en profitent, et parfois chassent cette petite grive si farouche que l'on peut l'entendre les nuit d'octobre lors de sa
migration tsiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii.Même en pleine ville on perçoit parfaitement son cri, elle migre de nuit pour éviter un maximum de prédateurs dont l'homme.
Voilà sa cousine du Nord également, la tcha tcha ou Grive litorne. Elle aussi est une migratrice qui vient passer l'hiver chez nous.
Une autre photo dans la prairie glacée par le givre matinal.
Pour continuer, il y a des oiseaux qui viennent rendre visite par simple curiosité comme s'ils étaient attirés par toutes cette agitation.
Le Rougegorge débarque, lui aussi n'a pas le choix : il doit changer son régime insectivore, pour se nourrir exclusivement de graines, un nouveau régime alimentaire qui lui permettra de
passer l'hiver sans difficulté.
Et puis pour finir, il y a les visiteurs exceptionnels, des oiseaux peu ou pas habitués a fréquenter des zones de nourrissage, voilà le petit jaune.
Ce bruant affectionne quant à lui les vieilles haies, le milieu bocager. En hiver, lui aussi se regroupe en bande plus ou moins importantes, le froid le pousse loin de son milieu habituel...
Encore un Bruant que je suis plus habitué à rencontrer dans les marais posté sur son roseau, lui vient nous rendre visite, le bruant des roseaux cherche sa pitance.
Je terminerai cet épisode par un mammifére surprise. J'aperçois au loin un mouvement : un chevreuil, puis deux s'avancent doucement. Quel plaisir de les observer librement! Je me recule ,respire à
peine, je positionne mon objectif , je ne veux pas perdre ce moment, il avance : une tête puis deux. Soudain le Brocard fonce en courant face à moi, j'appuie, mon regard s'enfonce dans cette animal
et j'oublie tout.
Merci Dame nature
A très bientôt, j'ai déjà d'autres histoires à vous raconter...
Bien Amicalement
Thierry